Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 14:28
A onze heures j'étais déjà au Poste de police où j'ai trouvé ses deux petits frères et sa mère. Je leur dis bonjour avant de leur demander ce qui s'était passé.
Ils me répondirent qu'ils ne savaient et ne l'avaient pas encore vu.
Nous sommes restés là jusqu'à vingt-trois heures, sans le voir et sans pouvoir lui donner à manger. Aucune information, sauf que nous savions qu'il était bien dans les locaux de la police.
Pendant trois jours nous avons fait des va-et-vient pour rien.
Le quatrième jour, en rentrant chez moi, j'appris que des policiers étaient venus chez moi perquisitionner. Je courus chez les parents de François pour les informer, mais ils avaient eux-mêmes fait le même constat parce que la police était venue perquisitionner chez eux.
Nous n'avons pu voir François que le cinquième jour où il a été déféré au parquet, là avec l'aide de quelques pénitenciers nous avons pu un peu parlé avec lui et lui donner à manger. Il était très fatigué et sa barbe commençait à pousser. Il nous a rapidement expliqué qu'il était poursuivi pour le meurtre de Tapha, mais qu'il était innocent. Il nous demande de prendre contact avec un de ses collègues qui devait avertir le syndicat des enseignants qui est toujours en réunion d'évolution de leurs grèves.
Je me suis évanouie et n'ai repris connaissance que chez moi.
Quand je suis revenue à moi, je ne savais plus quoi faire.
Tapha est-il mort ? François a-t-il mis sa menace à exécution ?
Faut-il aller chez Tapha ? Non.
Je ne connais personne chez lui sauf son cousin violent que j'ai vu une fois parce qu'il l'avait accompagné chez moi. J'ai décidé de rester chez moi.
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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 14:57
Par la suite j'ai reçu plusieurs convocations devant le doyen des juges d'instruction d'abord, et ensuite devant la chambre d'accusation. J'étais fatiguée, je ne savais à qui parler et, si les étudiants n'avaient pas été en grève, j'aurais manqué plus de six travaux dirigés et aurais été exclue de l'examen de fin d'année.
- Mais pourquoi tu ne m'avez pas dit ?
- Tu sais bien que François ne te porte pas dans son c½ur et je ne voulais pas que les mauvaises langues lui disent que je fréquentais. Et puis, le Syndicat auquel il est affilié avait constitué un Avocat, en relation avec sa famille.
Je voulais éviter toute confusion.
- Et qu'est-ce qui a changé aujourd'hui pour que tu viennes me voir chez moi ?
- Je lui ai rendu visite aujourd'hui et il m'a dit que son Avocat est décédé dans un accident de voiture il y a trois jours. Il est découragé et dans tous ses états.
- Qu'attends-tu de moi ?
- Que tu le défendes.
- Mais tu viens de me dire qu'il ne porte pas dans son c½ur. A-t-il changé d'avis ?
- Non et il vient de me le dire aujourd'hui à la prison.
- Allons, pourquoi veux-tu que je le défende contre sa volonté. Il est libre de choisir l'Avocat qu'il veut.
- Je sais, mais moi, c'est en toi que j'ai confiance. Je te connais.
- Non, chaque avocat du Barreau peut le défendre valablement.
- Oui, mais moi, c'est en toi que j'ai confiance.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, mais c'est en toi que j'ai confiance.
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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 15:17
- Mais n'oublie pas que le Syndicat a son mot à dire dans le choix.
- Il n'y a plus de syndicat.
- Il a été dissout plus tard. Et plus personne ne le soutient maintenant.
Même sa famille pense qu'il est coupable.
Cela fait un mois et demi qu'il n'a reçu aucune visite. Je suis son seul soutien et je ne connais que toi.
- Vous avez donc parlé de moi aujourd'hui ?
- Oui.
- Qu'est ce que vous avez dit de moi ?
- Il pense que tu es un Avocat compétent, mais ne veut pas te devoir sa liberté parce qu'il est innocent et ne veut pas non plus te reprocher une probable condamnation, malgré tout ce que tu pourrais faire. Aide-moi s'il te plaît...
Les larmes ponctuèrent à nouveau sa phrase, mais elle était calme, avec ses yeux mouillés et rouges.
- Tout le monde crois que je suis responsable de tout cela. Je suis tenaillée entre la famille de François et la famille de Tapha.
- Ne te culpabilise pas ainsi, tu n'as rien fait.
- Bois tin verre, je vais voir Abib qui doit être réveillé et je reviens pour qu'on voie tout ça.
- Alors Abib, ça fait longtemps que tu es réveillé ?
- Non, ça ne fait pas longtemps.
- Tu vas mieux ? Attends, je vais voir si ta fièvre a baissé.
Il posa sa main sur le front, la poitrine et les bras de l'enfant.
- La fièvre a baissé. Maintenant tu dois bien manger et prendre tes médicaments. Je vais dire à Astou de s'occuper de tout ça.
- Avec qui tu parles au salon ?
- Avec Marième, je repasse te voir après ton dîner.
-
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 14:28
A onze heures j'étais déjà au Poste de police où j'ai trouvé ses deux petits frères et sa mère. Je leur dis bonjour avant de leur demander ce qui s'était passé.
Ils me répondirent qu'ils ne savaient et ne l'avaient pas encore vu.
Nous sommes restés là jusqu'à vingt-trois heures, sans le voir et sans pouvoir lui donner à manger. Aucune information, sauf que nous savions qu'il était bien dans les locaux de la police.
Pendant trois jours nous avons fait des va-et-vient pour rien.
Le quatrième jour, en rentrant chez moi, j'appris que des policiers étaient venus chez moi perquisitionner. Je courus chez les parents de François pour les informer, mais ils avaient eux-mêmes fait le même constat parce que la police était venue perquisitionner chez eux.
Nous n'avons pu voir François que le cinquième jour où il a été déféré au parquet, là avec l'aide de quelques pénitenciers nous avons pu un peu parlé avec lui et lui donner à manger. Il était très fatigué et sa barbe commençait à pousser. Il nous a rapidement expliqué qu'il était poursuivi pour le meurtre de Tapha, mais qu'il était innocent. Il nous demande de prendre contact avec un de ses collègues qui devait avertir le syndicat des enseignants qui est toujours en réunion d'évolution de leurs grèves.
Je me suis évanouie et n'ai repris connaissance que chez moi.
Quand je suis revenue à moi, je ne savais plus quoi faire.
Tapha est-il mort ? François a-t-il mis sa menace à exécution ?
Faut-il aller chez Tapha ? Non.
Je ne connais personne chez lui sauf son cousin violent que j'ai vu une fois parce qu'il l'avait accompagné chez moi. J'ai décidé de rester chez moi.
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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 14:57
Par la suite j'ai reçu plusieurs convocations devant le doyen des juges d'instruction d'abord, et ensuite devant la chambre d'accusation. J'étais fatiguée, je ne savais à qui parler et, si les étudiants n'avaient pas été en grève, j'aurais manqué plus de six travaux dirigés et aurais été exclue de l'examen de fin d'année.
- Mais pourquoi tu ne m'avez pas dit ?
- Tu sais bien que François ne te porte pas dans son c½ur et je ne voulais pas que les mauvaises langues lui disent que je fréquentais. Et puis, le Syndicat auquel il est affilié avait constitué un Avocat, en relation avec sa famille.
Je voulais éviter toute confusion.
- Et qu'est-ce qui a changé aujourd'hui pour que tu viennes me voir chez moi ?
- Je lui ai rendu visite aujourd'hui et il m'a dit que son Avocat est décédé dans un accident de voiture il y a trois jours. Il est découragé et dans tous ses états.
- Qu'attends-tu de moi ?
- Que tu le défendes.
- Mais tu viens de me dire qu'il ne porte pas dans son c½ur. A-t-il changé d'avis ?
- Non et il vient de me le dire aujourd'hui à la prison.
- Allons, pourquoi veux-tu que je le défende contre sa volonté. Il est libre de choisir l'Avocat qu'il veut.
- Je sais, mais moi, c'est en toi que j'ai confiance. Je te connais.
- Non, chaque avocat du Barreau peut le défendre valablement.
- Oui, mais moi, c'est en toi que j'ai confiance.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, mais c'est en toi que j'ai confiance.
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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 15:17
- Mais n'oublie pas que le Syndicat a son mot à dire dans le choix.
- Il n'y a plus de syndicat.
- Il a été dissout plus tard. Et plus personne ne le soutient maintenant.
Même sa famille pense qu'il est coupable.
Cela fait un mois et demi qu'il n'a reçu aucune visite. Je suis son seul soutien et je ne connais que toi.
- Vous avez donc parlé de moi aujourd'hui ?
- Oui.
- Qu'est ce que vous avez dit de moi ?
- Il pense que tu es un Avocat compétent, mais ne veut pas te devoir sa liberté parce qu'il est innocent et ne veut pas non plus te reprocher une probable condamnation, malgré tout ce que tu pourrais faire. Aide-moi s'il te plaît...
Les larmes ponctuèrent à nouveau sa phrase, mais elle était calme, avec ses yeux mouillés et rouges.
- Tout le monde crois que je suis responsable de tout cela. Je suis tenaillée entre la famille de François et la famille de Tapha.
- Ne te culpabilise pas ainsi, tu n'as rien fait.
- Bois tin verre, je vais voir Abib qui doit être réveillé et je reviens pour qu'on voie tout ça.
- Alors Abib, ça fait longtemps que tu es réveillé ?
- Non, ça ne fait pas longtemps.
- Tu vas mieux ? Attends, je vais voir si ta fièvre a baissé.
Il posa sa main sur le front, la poitrine et les bras de l'enfant.
- La fièvre a baissé. Maintenant tu dois bien manger et prendre tes médicaments. Je vais dire à Astou de s'occuper de tout ça.
- Avec qui tu parles au salon ?
- Avec Marième, je repasse te voir après ton dîner.
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