Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 13:57
Dix minutes après il avait réussi à la calmer et s'était mis en face d'elle pour entamer la discussion.
- Tu sais, François et moi, on doit se marier bientôt. Et malgré le décès de son père il y a quelques temps et on emprisonnement, il maintient la date que nous avions fixée par un serment, qu'il n'entend pas violer. Moi aussi, je ne veux pas violer le serment, mais je sais que je flancherai à force de vouloir vivre avec un condamné à perpétuité ou à mort. Je ne sais pas ce que j'ai fait au bon dieu pour mériter un si cruel destin.
Sais-tu que j'ai perdu mon père il y a six mois, juste deux mois avant la mort du père de François ? C'est en présence de mon père que nous avions fait le serment. Tu sais que mon père et moi étions très liés et que je ne pouvais rien lui refuser. Tu n'ignores pas non plus l'estime qu'il portait pour François, parce qu'il était enseignant comme lui. Il arrivait qu'ils restent des heures et des heures à discuter de littérature, de philosophie et des événements avec leurs élèves, de la justesse ou non de leurs grèves...
- Dis-moi, ton père savait-il que François a été ton professeur en sixième ?
- Oui,il le savait, mais cela ne l'a jamais choqué, je ne sais pas pourquoi.
- Excuse-moi, c'était une question indiscrète, tu peux continuer.
- Quelques temps avant sa mort j'avais rencontré un certain Tapha qui travaille à Lausanne en Suisse. Nous éprouvions une attraction réciproque et il passait me voir de temps en temps à la maison pour mieux me connaître, disait-il, avant la fin de ses vacances. Cela n'était bien sûr ni du goût de mon père encore moins de celui de François. C'est à cause de cela que mon père avait subitement organisé une rencontre entre François et moi pour que nous fassions devant lui le serment de nous marier. Je ne peux pas dire si François y était pour quelque chose ou non. Quoi qu'il en soit, il est certain que mon père voulait barrer la route à Tapha, qu'il trouvait prétentieux et hautain.
Bien que j'en eusse parlé à Tapha, ce dernier n'entendait pas en démordre, malgré l'attitude et les quolibets qu'il entendait de mon père. Les choses dégénérèrent un jour où François le rencontra chez moi. En effet, le ton était monté entre les deux hommes et il avait fallu qu'on les sépare pour qu'ils n'en reviennent pas aux mains.
Ce jour-là François l'avait menacé de mort la prochaine fois qu'il le rencontrerait encore chez moi.
Tapha était parti en lui disant : « on verra ça ».
François ne m'a jamais rien dit de cet incident, toujours est-il que je n'avais plus revu Tapha depuis une semaine. A la fin de la semaine, j'étais avec François en train de causer au salon vers 20 heures 30 quand le fils du voisin vint me dire : « Marième, viens répondre au téléphone à Tapha ».
Je me suis excusée et je me suis sortie.
Chez le voisin.
- Allô Marième. Comment vas-tu ?
- Je vais bien et toi.
- Moi ça va, sauf que j'ai consacré mon temps à faire le tour des parents parce que, tu sais, je dois rentrer dans dix jours.
- Ah oui, c'est vrai, tu me l'avais dit.
- Bon, je t'appelais pour te dire que je t'invite samedi prochain. Je passerai te prendre vers minuit.
- Je suis d'accord, mais j'aimerais que tu ne viennes pas chez moi.
- Ah non, je ne peux pas te rencontrer quelque part, comme si je me cachais ou si j'avais peur de quelqu'un.
Je réfléchis un moment puis fis : « OK, c'est bon pour moi ».
Je suis retournée à la maison où j'ai trouvé François qui somnolait sur le canapé, alors que le volume de la télé était augmenté à fond.
Répondre à ce message
Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 14:12
- C'était Tapha, il m'a invité samedi à aller danser pour me dire au revoir, parce qu'il rentre dans dix jour.
Il n'a rien et s'est levé pour me souhaiter bonne nuit par un petit bisou. Je l'ai accompagné jusqu'à la porte.
- Au revoir.
- Au revoir.
- Et après ?
- Après il est parti et mois je suis allée me coucher.
- Pourquoi Tapha est-il resté une semaine sans passer te voir et sans te passer un coup de fil ?
- Je ne sais pas, mais il m'avait dit avoir un cousin drogué qui ne voulait pas qu'il me fréquente parce que selon lui je ne l'aimais pas et voulais seulement profiter de son argent. Il m'a informé qu'en vérité c'est son cousin et son ami. Il m'a même raconté qu'un jour il l'avait enfermé à clef dans la chambre qu'ils partageaient, pour l'empêcher de venir me voir, en lui disant toutes sortes d'insanités sur moi. Il lui aurait même dit que je le rendais cocu avec François et que cela portait atteinte à l'honneur de leur famille.
- De quoi se mêlait-il celui-là ?
- Je ne sais pas, sinon qu'il était très violent quand il fumait du chanvre et que Tapha avait un peu peur de lui et évitait de le contrarier.
- Ensuite ?
- Ensuite, le samedi en question,j'ai attendu en vain Tapha qui n'est pas venu.
- Et François, il est venu ?
- Non plus. A deux heures je suis allée me coucher, inquiète sans savoir pourquoi.
Le lendemain le frère de François est venu me réveiller vers dix heures pour me dire que son frère était arrêté et gardé à vue à l'hôtel de police.
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 13:57
Dix minutes après il avait réussi à la calmer et s'était mis en face d'elle pour entamer la discussion.
- Tu sais, François et moi, on doit se marier bientôt. Et malgré le décès de son père il y a quelques temps et on emprisonnement, il maintient la date que nous avions fixée par un serment, qu'il n'entend pas violer. Moi aussi, je ne veux pas violer le serment, mais je sais que je flancherai à force de vouloir vivre avec un condamné à perpétuité ou à mort. Je ne sais pas ce que j'ai fait au bon dieu pour mériter un si cruel destin.
Sais-tu que j'ai perdu mon père il y a six mois, juste deux mois avant la mort du père de François ? C'est en présence de mon père que nous avions fait le serment. Tu sais que mon père et moi étions très liés et que je ne pouvais rien lui refuser. Tu n'ignores pas non plus l'estime qu'il portait pour François, parce qu'il était enseignant comme lui. Il arrivait qu'ils restent des heures et des heures à discuter de littérature, de philosophie et des événements avec leurs élèves, de la justesse ou non de leurs grèves...
- Dis-moi, ton père savait-il que François a été ton professeur en sixième ?
- Oui,il le savait, mais cela ne l'a jamais choqué, je ne sais pas pourquoi.
- Excuse-moi, c'était une question indiscrète, tu peux continuer.
- Quelques temps avant sa mort j'avais rencontré un certain Tapha qui travaille à Lausanne en Suisse. Nous éprouvions une attraction réciproque et il passait me voir de temps en temps à la maison pour mieux me connaître, disait-il, avant la fin de ses vacances. Cela n'était bien sûr ni du goût de mon père encore moins de celui de François. C'est à cause de cela que mon père avait subitement organisé une rencontre entre François et moi pour que nous fassions devant lui le serment de nous marier. Je ne peux pas dire si François y était pour quelque chose ou non. Quoi qu'il en soit, il est certain que mon père voulait barrer la route à Tapha, qu'il trouvait prétentieux et hautain.
Bien que j'en eusse parlé à Tapha, ce dernier n'entendait pas en démordre, malgré l'attitude et les quolibets qu'il entendait de mon père. Les choses dégénérèrent un jour où François le rencontra chez moi. En effet, le ton était monté entre les deux hommes et il avait fallu qu'on les sépare pour qu'ils n'en reviennent pas aux mains.
Ce jour-là François l'avait menacé de mort la prochaine fois qu'il le rencontrerait encore chez moi.
Tapha était parti en lui disant : « on verra ça ».
François ne m'a jamais rien dit de cet incident, toujours est-il que je n'avais plus revu Tapha depuis une semaine. A la fin de la semaine, j'étais avec François en train de causer au salon vers 20 heures 30 quand le fils du voisin vint me dire : « Marième, viens répondre au téléphone à Tapha ».
Je me suis excusée et je me suis sortie.
Chez le voisin.
- Allô Marième. Comment vas-tu ?
- Je vais bien et toi.
- Moi ça va, sauf que j'ai consacré mon temps à faire le tour des parents parce que, tu sais, je dois rentrer dans dix jours.
- Ah oui, c'est vrai, tu me l'avais dit.
- Bon, je t'appelais pour te dire que je t'invite samedi prochain. Je passerai te prendre vers minuit.
- Je suis d'accord, mais j'aimerais que tu ne viennes pas chez moi.
- Ah non, je ne peux pas te rencontrer quelque part, comme si je me cachais ou si j'avais peur de quelqu'un.
Je réfléchis un moment puis fis : « OK, c'est bon pour moi ».
Je suis retournée à la maison où j'ai trouvé François qui somnolait sur le canapé, alors que le volume de la télé était augmenté à fond.
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Re: le serment
Auteur: krissa
Date: 01-09-2006 14:12
- C'était Tapha, il m'a invité samedi à aller danser pour me dire au revoir, parce qu'il rentre dans dix jour.
Il n'a rien et s'est levé pour me souhaiter bonne nuit par un petit bisou. Je l'ai accompagné jusqu'à la porte.
- Au revoir.
- Au revoir.
- Et après ?
- Après il est parti et mois je suis allée me coucher.
- Pourquoi Tapha est-il resté une semaine sans passer te voir et sans te passer un coup de fil ?
- Je ne sais pas, mais il m'avait dit avoir un cousin drogué qui ne voulait pas qu'il me fréquente parce que selon lui je ne l'aimais pas et voulais seulement profiter de son argent. Il m'a informé qu'en vérité c'est son cousin et son ami. Il m'a même raconté qu'un jour il l'avait enfermé à clef dans la chambre qu'ils partageaient, pour l'empêcher de venir me voir, en lui disant toutes sortes d'insanités sur moi. Il lui aurait même dit que je le rendais cocu avec François et que cela portait atteinte à l'honneur de leur famille.
- De quoi se mêlait-il celui-là ?
- Je ne sais pas, sinon qu'il était très violent quand il fumait du chanvre et que Tapha avait un peu peur de lui et évitait de le contrarier.
- Ensuite ?
- Ensuite, le samedi en question,j'ai attendu en vain Tapha qui n'est pas venu.
- Et François, il est venu ?
- Non plus. A deux heures je suis allée me coucher, inquiète sans savoir pourquoi.
Le lendemain le frère de François est venu me réveiller vers dix heures pour me dire que son frère était arrêté et gardé à vue à l'hôtel de police.